On traverse parfois un quartier sans lever les yeux. Pourtant, à Angleur, il suffit de regarder un peu mieux pour croiser un château du XVIIIe siècle, une famille liée à l'Orient-Express, une vieille église et même un musée où dorment des locomotives. Suivez le guide : voici les lieux qui racontent le passé d'Angleur, et qui se visitent encore aujourd'hui.
Le château Nagelmackers, du baron au wagon-lit
C'est sans doute le bâtiment le plus emblématique du quartier. Le château Nagelmackers a été construit dans le premier quart du XVIIIe siècle pour le baron de Horion, seigneur d'Angleur. En briques et pierre calcaire, avec ses deux niveaux, ses sept travées et son avant-corps couronné d'un fronton triangulaire, il a fière allure. Un détail à repérer sur la façade : le fronton porte trois dates (1723, 1815 et 1837) accompagnées des armoiries familiales, comme un résumé gravé de son histoire.

Car au début du XIXe siècle, le château change de propriétaires : il est racheté par la famille Nagelmackers, une célèbre dynastie de banquiers liégeois. Et ce nom, à lui seul, ouvre sur une aventure mondiale. C'est un Nagelmackers, Georges, qui fonda la Compagnie internationale des Wagons-Lits, dont le fleuron n'était autre que le mythique Orient-Express. Ainsi, entre Angleur et les grands trains de luxe qui reliaient Paris à Constantinople, il existe un fil bien réel.
Classé monument historique le 10 juillet 1984, le château a depuis été soigneusement rénové : le corps principal accueille des bureaux, les dépendances des logements. Il continue de veiller sur le quartier.

Le château Péralta et les autres témoins
Le bas d'Angleur abrite un second château, le château Péralta, moins connu mais qui participe au même paysage de belles demeures nichées entre les rivières. Ces résidences rappellent qu'avant l'industrie, et parfois en même temps qu'elle, Angleur fut aussi un lieu de villégiature et de prestige, où notables et industriels aimaient s'établir.

L'église Saint-Rémi et la chapelle Notre-Dame
Toute communauté a son clocher. À Angleur, c'est l'église Saint-Rémi qui joue ce rôle de repère et de mémoire, témoin des baptêmes, des mariages et des deuils de générations d'habitants. Un peu à l'écart, la chapelle Notre-Dame de Bon Secours ajoute sa note de dévotion populaire, de celles qui ponctuaient autrefois les chemins et les carrefours. Ces édifices, discrets, sont le cœur battant d'une identité de quartier qui a survécu à tous les bouleversements.
Kinkempois, quand le patrimoine roule encore
Impossible de parler d'Angleur sans évoquer Kinkempois, indissociable du chemin de fer. C'est là que se trouve un lieu qui ravit les passionnés comme les familles : le Musée du chemin de fer de Kinkempois, où l'on peut approcher locomotives et matériel roulant d'autrefois. Dans un quartier façonné par le rail (celui qui transportait le zinc et les voyageurs), ce musée fait figure de gardien de la mémoire mécanique d'Angleur.

Prendre de la hauteur au Sart Tilman
Enfin, pour qui veut respirer, il suffit de monter. Sur les hauteurs, le plateau du Sart Tilman offre bois, sentiers et points de vue, notamment le belvédère de la bruyère de Streupas, d'où le regard embrasse la vallée. Ce grand poumon vert, aujourd'hui partagé avec l'université et le parc scientifique, rappelle qu'Angleur, ce n'est pas seulement le fond de vallée industrieux : c'est aussi la colline, la forêt et l'horizon.

Entre un château lié à l'Orient-Express, une vieille église, un musée du rail et un plateau boisé, Angleur compose un patrimoine étonnamment varié pour un quartier de sa taille. De quoi donner envie, un dimanche, d'aller y flâner autrement.
Sources : Connaître la Wallonie, Mini-Ardenne, RTBF, Wikipédia.
Publié le 23 août 2026 · mis à jour le 23 août 2026